Guillaume Lemaître, ambassadeur VELOR, revient sur sa Seven Serpents Ultra : 1000 km à travers la Slovénie, la Croatie et l’Italie, marqués par une erreur stratégique qui change tout, et un équipement mis à rude épreuve dans des conditions d’humidité permanente.
Les courses ultra-distance ne sont plus seulement des défis physiques. Elles sont devenues des laboratoires de performance où la gestion de l’effort, la stratégie et le choix de l’équipement comptent autant que les jambes. Sur des formats qui dépassent les 1000 km, chaque détail peut faire basculer un résultat, y compris ceux qu’on ne maîtrise pas.
C’est exactement ce qui est arrivé à Guillaume Lemaître sur la Seven Serpents Ultra.

Une course en deux parties, et une troisième dimension : les ferries
« Seven Serpents, c'est 1000 km et 19 000 m de dénivelé positif à travers les sentiers de Slovénie, Croatie et Italie » résume Guillaume. « Ce qui définit cette course, c'est que la première partie est plus orientée gravel, et la seconde, VTT. Le choix du vélo a beaucoup joué. »
La deuxième particularité du parcours est une logistique que peu d’ultras demandent : cinq ferries entre les îles Croates. « Ça ajoute une dimension vraiment stratégique si tu veux faire un bon résultat », explique-t-il.
Du top 10 à la 30e place après 4h30 d’attente
Pour sa deuxième course officielle seulement, Guillaume visait un top 10, objectif ambitieux qu’il a poursuivi avec une discipline méthodique. « Ma gestion de course était parfaite. Je suis resté proche du top 5-10 sans me cramer, sachant que les ferries seraient cruciaux après environ 700 km de course. »
Preuve que la stratégie fonctionnait : juste avant les ferries, il est remonté de la 25e à la 10e place. Effort, nutrition, sommeil, logistique, tout est sous contrôle. Il arrive même au ferry en même temps que le coureur classé 5e.
Puis l’erreur arrive. « Je n'ai pas doublé mes vérifications d'horaires de ferries, et en revenant de mon ravitaillement, l'embarquement était déjà terminé. » Quatre heures et demie d'attente plus tard, Guillaume repart autour de la 30e place.

« C'était une erreur vraiment dure à encaisser, mais je me suis relevé. » Il pousse la nuit pour rallier l’arrivée le soir suivant. Résultat final : 17e place, avec seulement 3h15 de sommeil sur les 3 jours et 15 heures qu'a duré sa course. « Je suis content de la performance malgré l'erreur, car j'ai dû m'adapter et renoncer complètement au sommeil. On apprend. C'est une erreur que je ne referai pas. »
L’équipement comme système de confiance, pas un accessoire
Sur ce genre de distance, l’équipement cesse d’être un détail logistique. Il devient, selon Guillaume, une question de confiance totale. « Pour cette course, j'ai pris la panoplie complète VELOR, que je connais et en laquelle j'ai entièrement confiance. C'est un point vraiment important quand on prépare un ultra. »
Son approche de la gestion de la température se repose sur l’écoute du corps plutôt que des règles fixes : « Avec mes différentes couches, je me suis juste écouté. Si j'avais froid, je mettais mon coupe-vent. Si j'avais chaud sous le soleil croate, j'ouvrais tout. »

Le véritable test, dit-il, a été le frottement. « L’association du cuissard cargo VELOR et de la vaseline m'a permis de finir sans aucune irritation, et ce, malgré le sel qui était visible sur toutes les pièces d'équipement. »
🎽 Le kit de Guillaume sur la Seven Serpents
- Maillot Sea — porté ouvert la plupart du temps pour gérer la transpiration constante qui ne s’arrêtait jamais. Fabriqué à 83 % de matériaux recyclés, dont 15 % proviennent de déchets plastiques marins.
- Cuissard Cargo — une tenue qui n'a pas bougé après plus de 30 heures cumulées en selle, malgré l'humidité constante. Peau de chamois haute densité et poches cargo intégrées pour l'autonomie sur le parcours.
- Gilet coupe-vent Sea — enfilé dès que la température chutait, surtout à la tombée de la nuit. 78 % de matériaux recyclés, dos en mesh respirant.
- Vaseline — associée au textile pour zéro irritation sur plus de 1000 km.
Une course qui ne sèche jamais
Ce qui distingue la Seven Serpents d'autres ultras que Guillaume a courus, ce n'est pas le froid, mais l'humidité constante. « Comparé à d'autres expériences, j'ai été trempé tout le temps ici. Je n'ai jamais séché, je transpirais énormément. C'est la première fois que je suis confronté à cela : sur d'autres courses comme l'Atlas Mountain Race, par exemple, le défi principal était le froid et les variations de température. Ici, j'ai eu du mal à sécher, que ce soit sur le cuissard ou sur le maillot. »
Sa seule solution : rouler avec le maillot ouvert. « Grand ouvert, comme on dit. Ce n'était que de l'inconfort, mais la qualité du cuissard, qui n'a jamais perdu sa forme au fil du temps, m'a épargné des choses plus sérieuses. »

À la nuit tombée, l'humidité dans le cuissard posait un défi différent. « Le cuissard est resté humide aussi, mais c'était moins un problème que le maillot, car à ce moment-là, je commençais à avoir froid. »
Un vrai inconfort, mais pas d’irritation
Sur une course de cette ampleur, affirmer un confort total serait malhonnête, et Guillaume ne le fait pas. « J'ai commencé à ressentir de l'inconfort sur la première couche de peau environ 10 heures avant l'arrivée. C'était principalement des picotements, et ça donnait l'impression que ça venait de frottements. »
L'important est que ce signal ne reste qu’un signal, rien de plus. « Après, je n'ai eu aucune irritation, juste un peu d'inconfort. » Sur 1000 km, dans le sel et l'humidité constante, finir sans irritation est le résultat qui compte.
Sur la tenue qui tient, Guillaume est catégorique : « Ce qui est vraiment frustrant, c'est quand tout lâche, quand ça ne tient plus au niveau des cuisses, ou que toute la coupe se déforme après des dizaines d'heures en selle. Là, ça n'a presque pas bougé. Je pense que c'est un vrai signe de qualité. »
Zéro déchet laissé, même à 700 km de course
Un détail technique que peu de marques envisagent à l'échelle de l'ultra : la gestion des déchets de nutrition. Sur des centaines de kilomètres, c'est un problème environnemental aussi réel que la performance elle-même. « Normalement, je fourre mes emballages de barres, gels et autres snacks un peu partout, dans ma poche d'hydratation, mes poches cargo, mes poches de maillot, mes sacoches. Au bout d'un moment, ça fait un gros mélange de snacks à manger et de déchets, et je risque de laisser tomber du plastique dans la nature. »
La poche intégrée du maillot VELOR a changé cette dynamique. « Pas de question à me poser. En plus de me faire gagner du temps à ne pas fouiller pour mes déchets, tout est resté propre et je ne risquais pas de polluer la belle nature que l'on traversait. » Un détail de conception qui semble mineur sur le papier, mais qui répété sur 1000 km à travers la nature slovène, croate et italienne, fait une vraie différence.

Ce que la durabilité devrait vraiment signifier
C'est ici que le récit de Guillaume rencontre directement la raison d'être de VELOR : un équipement qui dure est un équipement qu'on ne remplace pas. Sur le terrain de l'ultra, l'usure n'est jamais loin, mais Guillaume trace une ligne claire entre l'usure normale et un défaut de fabrication. « Dans ce cas-là, je pense que c'était une usure anormale. Enfin, je l'espère. Quand j'ai un nouveau cuissard, j'espère qu'il ne s'effilochera pas après seulement quelques sorties. Idéalement jamais. Je préférerais que l'usure vienne des heures de selle, du chamois qui n'est plus aussi efficace, ce qui devrait me pousser à en changer pour les longues sorties ou les courses. »
Il reste réaliste sur ce qu'il faut attendre d'un équipement après un ultra off-road. « De manière réaliste, je sais qu'après un ultra off-road, la plupart de nos équipements sont assez mal en point. Mais ce serait super de trouver des produits assez durables pour les porter sur plusieurs événements. »
Guillaume pousse cette même exigence au-delà du textile du jour de course. Pour arriver au départ de la Seven Serpents, il a choisi le vélo et le train plutôt que la voiture ou l'avion, un voyage qui prolonge l'utilisation de son équipement bien au-delà des 1000 km de la course elle-même. Une cohérence qui reflète une réflexion sur l'impact à tous les niveaux, des matériaux à la manière de voyager.

C'est exactement l'équation que VELOR essaie de résoudre : construire avec des matières recyclées dès la conception, comme c'est déjà le cas sur tout le kit de Guillaume, et pousser cette logique encore plus loin avec RELOV, la gamme circulaire fabriquée à partir de maillots recyclés en fin de vie.
Le seul conseil qu'il donnerait
Interrogé sur ce qu'il retient pour sa prochaine course, Guillaume revient à l'essentiel : la confiance en son équipement, construite avant le départ. « Un seul conseil : étudier les conditions attendues pendant la course et connaître suffisamment son équipement pour n'emporter que l'essentiel. Il faut trouver l'équipement en lequel tu as suffisamment confiance pour rester serein tout au long de ton aventure. »
Stop buying. Start reloving.